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En avril dernier, alors que je me rendais au musée du théâtre de Vienne pour y contempler les chefs-d’œuvre de la galerie de peinture de l’académie des beaux-arts qui y séjournent quelques années le temps de la restauration de son propre musée, je tombai sur une exposition dédiée à l’œuvre théâtrale d’Ödön von Horváth. Son nom me disait quelque chose. Oui ! Un collègue m’avait recommandé la lecture de son roman Jeunesse sans Dieu quelques mois auparavant. Sa recommandation resta jusque-là noyée parmi celles que je reçois presque quotidiennement. Ayant du temps devant moi, j’en profitai pour explorer un peu cette exposition, même si je ne connaissais rien d’Ödön von Horváth.

Première vitrine, premier choc. La vitrine expose (l’exposition court encore jusqu’au 11 février !) le contenu de son sac au moment de sa mort qui eut lieu à Paris devant le théâtre Marigny, sur les Champs-Elysées. Il y eut un orage et le pauvre Ödön se prit une branche de marronnier sur la tête. Cela entraîna sa mort, à seulement 36 ans. Un auteur de théâtre mort devant un théâtre ! Et à Paris ! Ma curiosité grandit.

Première salle, deuxième choc. La salle reproduit une boucherie dans laquelle on peut se plonger dans les archives de sa pièce Légendes de la forêt viennoise. Je fus subjuguée par la présentation muséographique de l’exposition. Deux autres pièces de théâtre très célèbres d’Ödön sont aussi ainsi présentées, dans leur décor à taille humaine. On se balade parmi l’imagination et les mots d’ Ödön von Horváth. Je ne vous en dis pas plus mais vous invite à découvrir par vous-même.

Cette exposition me donna fortement envie de découvrir les ouvrages d’Ödön von Horváth. Je m’y attelai lors des dernières vacances de Noël, lisant sa pièce Légendes de la forêt viennoise, ainsi que son roman Jeunesse sans Dieu, et regardant le film de sa pièce Casimir et Caroline tourné en 1959 par Michael Kehlmann pour la télévision autrichienne. Son œuvre m’apparut comme une révélation. Ödön von Horváth saisit incroyablement les mentalités. Dans ses pièces, des répliques courtes ayant un ton banal donné par ceux qui les délivrent, sont d’une extrême profondeur. Son écriture est pleine de surprises et de réflexions et ses histoires empreintes de psychologie, sans tomber dans le moralisme. Il dépeint extrêmement bien la société dans laquelle ses personnages évoluent, et dont il est lui-même contemporain, celle de la crise de 1929, de la montée du nazisme, des fascismes et de la préparation à la guerre. Ses œuvres furent interdites par le pouvoir hitlérien en Allemagne à partir de 1933. Il se réfugia alors à Vienne et fit éditer ses ouvrages aux Pays-Bas. Après l’Anschluss (12 mars 1938), il vint se réfugier à Paris.

Ödön von Horváth est un Autrichien de l’Empire, né en 1901 à Rijeka (Fiume), faisant alors partie du royaume de Hongrie mais aujourd’hui croate. Avec un père diplomate austro-hongrois, il grandit dans différentes provinces de l’Empire, ainsi qu’à Munich, où il s’établit d’ailleurs en 1919 pour y faire ses études. C’est aussi dans cette ville qu’il commence son activité d’écrivain dans la langue de Goethe. Ses pièces seront aussi beaucoup représentées de son vivant, et son œuvre traduite en plusieurs langues, dont le français.

L’écriture d’Ödön von Horváth m’a bouleversée et j’espère qu’il en sera de même pour vous !

« Rien ne donne autant le sentiment de l’infini que la bêtise »

Jeu-concours

 

La question : Quel est le sujet de la prochaine conférence-spectacle organisée par Ca valse à Vienne ?

Si vous pensez avoir la réponse, écrivez-moi à pomelilou(arobase)gmail(point)com. Les deux premiers ayant envoyé la bonne réponse se verront offrir chacun un sac du musée du théâtre avec des citations d’Ödön von Horváth.

Si vous aimez participer à des jeux-concours sur Vienne et l’Autriche, inscrivez-vous au Club !

 

Informations pratiques

Exposition au musée du théâtre jusqu’au 11 février 2019.

Adresse : Palais Lobkowitz, 2 Lobkowitzplatz, 1010 Vienne

Tarifs : 12 € par personne, gratuit pour les moins de 19 ans et pour les détenteurs de la carte du Kunsthistorisches Museum (44 € pour un an)

 

Références des livres lus

Ödön von Horváth, Légendes de la forêt viennoise, L’Arche, Paris, 2007

Ödön von Horváth, Jeunesse sans Dieu, éditions Sillage, Paris, 2013

 

Information bonus

Le palais Lobkowitz, qui abrite le musée du théâtre, fut le siège de l’ambassade de France de 1869 à 1909, avant qu’elle ne soit transférée dans son bâtiment actuel sur la Schwarzenbergplatz.

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