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La semaine dernière, je vous parlai de mon marché. C’est cependant dans un supermarché que je vis ce petit paquet de légumes presque tout-prêts sous film plastique. Je trouvais l’assortiment bien mignon pour les rongeurs domestiques. Et oui ! Pour moi c’était clair, les Autrichiens achetaient ces paquets pour leurs lapins nains ou leurs cochons d’Inde. Je trouvais cela d’ailleurs vraiment bien de se soucier autant de son animal de compagnie. Pendant des mois j’étais ainsi épatée dès que je tombais sur l’un de ces mélanges. En écrivant cela je vous avoue me sentir un peu bête d’ailleurs, alors si vous aussi vous y aviez vu de la nourriture de rongeurs, je vous prie de m’en faire part, cela me rassurera.

Il fallut qu’un ami m’invite à dîner, et surtout me propose avant de l’aider en cuisine, pour que je comprenne ce à quoi ces légumes étaient destinés (Je serais d’ailleurs incapable de vous retranscrire sa réaction, ou plutôt son rire, lorsque je lui demandai pourquoi on cuisinait ces légumes pour animaux). Je préparais alors ma première Suppengrün. C’est ainsi que l’on appelle, à Vienne, la soupe faite de ce mélange. Un mélange d’ailleurs bien calculé. Trois carottes dont une jaune, une demi-tranche de céleri-rave, un morceau de poireau, une moitié de panais ou de persil tubéreux et quelques brins de persil. Voilà la composition du bouquet. On se demanderait d’ailleurs presque avec leurs différentes couleurs et textures si ces légumes n’ont pas été choisis pour leurs qualités esthétiques (J’exagère un peu).

Il ne reste qu’à éplucher, faire cuire et broyer le tout. Une couleur orange pâle et une odeur de légumes s’emparent alors de nos sens. Le nom donné à cette soupe étant « soupe verte », on pourrait par ailleurs se sentir lésé, mais le terme « vert » sert certainement à évoquer le jardin d’où les légumes proviennent. Pour moi il prend aussi un sens de bien-être. Lorsque j’attrape un coup de froid, j’achète en effet presque toujours ce mélange pour me réchauffer et me donner bonne conscience. Me donner bonne conscience ! J’exagère à nouveau. Les légumes sont quand même déjà coupés et emballés dans du plastique (ou parfois avec un élastique). Je pense d’ailleurs souvent à les acheter individuellement mais je n’ose pas imaginer la quantité de soupe que cela donnerait si je voulais suivre la recette de la Suppengrün en utilisant l’intégralité de chaque légume. Ce paquet se révèle vraiment pratique !

Il y a peu, j’appris que cette soupe venait de Vienne ! Et même d’Oberlaa (quartier du 10ème arrondissement de la ville) ! Une collègue originaire du Burgenland me raconta qu’elle ne la connaissait pas avant son installation à Vienne, mais que grâce aux supermarchés l’Autriche entière connaît désormais cette « soupe verte ». Ce petit paquet de légumes presque prêts figurait dans mon imaginaire comme autrichien. Je le trouvai plus tard en Allemagne (« normal, région germanophone » me suis-je alors dit). Toutefois, le plus grand choc vint lorsque ma sœur me demanda si je n’avais pas déjà vu une boîte de légumes à pot-au-feu dans un supermarché français vers les étals de légumes. Et bim ! Les mélanges de légumes frais à peine coupés se trouvaient aussi dans ma France natale ! C’est fou comme on peut facilement se faire des idées sur de petites choses du quotidien.

P.S. : Je tiens à remercier René Magritte de m’avoir inspiré le titre de cet article.

 

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1 Comment

  1. Eclira dit :

    Suppengrün se traduirait « vert à soupe » et non pas soupe verte qui serait « grünsuppe ».
    C’est tout simplement ce qu’on appelle en français un « bouquet garni » et qui sert à faire un bouillon de légumes de base pour d’autres préparations 🙂

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