Le stand à saucisses, une passion viennoise

Cette semaine, je me suis rendue compte que je n’avais encore pas écrit sur une des curiosités viennoises qui m’a le plus fascinée lors de mon arrivée à Vienne, le Würstelstand, le fameux stand à saucisse. Des kiosques proposant quelque chose de chaud à manger de midi jusqu’au bout de la nuit, je ne connaissais pas. Rapidement, j’en fis un usage assez important. Tellement pratique quand on a à peine le temps de déjeuner, quand on court entre le travail et un spectacle, que l’on ressort d’un spectacle avec une faim de loup, ou bien sûr que l’on doit reprendre des forces après avoir tout donné sur une piste de danse. Il y a toujours une bonne raison pour se rendre au Würstelstand. En plus de cela, on pourrait presque dire qu’on en trouve à chaque coin de rue. Ou du moins, dès qu’on en a besoin, étant situés aux endroits de grands passages.

Une expérience

Ces stands ont quelque chose de rassurant je trouve car on en connaît la carte. La visite au stand est aussi presque toujours l’occasion de repartir avec une anecdote à raconter tant on y a des échanges qu’on n’aurait sans doute pas ailleurs. Son comptoir étroit, qui fait parfois tout le tour du stand, facilite les interactions entre les gens, dans un endroit où on peut dire que presque tout le monde s’y croise. Certains s’y rendent même quotidiennement, comme au comptoir d’un troquet. Même si c’est l’endroit où l’on consomme sur le pouce, il joue ainsi un rôle social important. Il faut dire qu’à côté de sa sélection de saucisses grillées, de ses bocaux de cornichons, poivrons et autres, et de son petit four à Leberkäse, on trouve des bières et des petites bouteilles de vin et de Spritzer. Rien de mieux pour poursuivre les grandes conversations que l’on a pu engager avec des gens que l’on connaît à peine.

C’est vraiment un endroit à découvrir et j’y emmène toujours les gens qui me rendent visite.

Certains stands proposent désormais des options végétariennes ou véganes, et certains sont très connus ou courus. Il y a biens sûr celui qui se trouve devant l’Albertina et qui est surmonté d’une reconstitution du lapin de Dürer, mais aussi celui de la Pfeilgasse dans le 8e (Pfeilgasse 1) qui ne sert que des produits bio et des options véganes. Ce dernier possède même un petit terrain de pétanque et son antenne située à la sortie du U4 de Spittelau, en face de l’entrée de Wien Energie, accueille musiciens et dj plusieurs soirs par semaine. Il y a bien évidemment aussi le stand le plus ancien toujours en activité, LEO, situé au carrefour du Gürtel et de la Nußdorfer Straße, ouvert depuis 1928.

L’origine des stands à saucisses

Leur origine remonte au XVIIIe siècle avec les premiers vendeurs de saucisses de rue. Ces derniers n’avaient pas de stands et étaient alors mobiles. La profession était réservée aux invalides de guerre. Rapidement, la vente devint plus lucrative tard le soir ou la nuit car il n’y avait pas d’autres alternatives. À partir du XIXe siècle, on vit s’ouvrir des stands tels qu’on les connaît encore aujourd’hui. Les stands à saucisses ne sont plus à leur apogée, mais on en compte encore une bonne centaine dans la ville.
Cette singularité viennoise est inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2024.

En écrivant cet article, je me remémorais la soirée dégustation de saucisses à l’aveugle que j’avais organisé en 2019. Je vous invite à regarder l’article pour découvrir la saucisse préférée des participants et vous encourage à organiser de telles soirées.

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