La grande fresque de la Cène, le dernier repas du Christ, peinte par Léonard de Vinci dans le réfectoire du couvent milanais Santa Maria delle Grazie est considérée comme l’une des œuvres majeures de la Renaissance. Peinte entre 1495 et 1498, elle était déjà très détériorée 20 ans plus tard. Léonard aimait tester de nouvelles techniques pour les fresques peintes, mais celles-ci étaient presque toujours des échecs. Cela n’empêcha pas à la fresque d’être continuellement étudiée par un très grand nombre d’artistes, notamment pour sa composition et les expressions que Léonard donna à ses personnages. On en connaît ainsi de nombreuses reproductions. L’une d’entre elles, la plus grande, qui fait à peu près les dimensions de la fresque d’origine, se trouve dans le cœur historique de Vienne, dans l’église des Frères mineurs (Minoritenkirche).
Cette reproduction, réalisée en mosaïque, fut commandée par Napoléon en 1805 ou 1806 à l’artiste romain Giacomo Raffaelli. Napoléon avait pour projet de transférer la très abîmée fresque d’origine au musée du Louvre et d’installer à la place cette mosaïque. Ce projet ne put voir le jour. Raffaelli termina la mosaïque en 1814 et Napoléon avait alors d’autres chats à fouetter. C’est son beau-père, le père de Marie-Louise, l’empereur d’Autriche François Ier qui la racheta pour l’installer à Vienne au palais du Belvédère. La mosaïque s’avéra toutefois trop grande pour les espaces qu’on lui avait dédiés et l’empereur Ferdinand Ier décida de l’offrir à la congrégation des Frères mineurs. C’est ainsi qu’elle fut installée sur le mur nord de l’église entre 1845 et 1847.
L’exécution de cette mosaïque est impressionnante. On distingue à peine ses tesselles, qui ne font que quelques millimètres de large. Les détails qui font la richesse de l’oeuvre de Léonard de Vinci sont incroyablement reproduits. Sur place, regardez bien par exemple les plis de la nappe, les veines et rides des personnages, ou encore les fonds des verres parsemés sur la table. Raffaelli a été très fidèle à l’oeuvre du maître de la Renaissance. Une différence toutefois importante avec la fresque de Léonard est qu’ici, nous voyons les pieds du Christ. À Milan, ils ne sont point visibles car une porte coupe la fresque à cet endroit.
La mosaïque fut placée de la même manière que la fresque dans le couvent milanais, afin que la lumière naturelle arrive directement sur le Christ. Pour l’apprécier dans son entier il faut d’ailleurs se déplacer car elle éblouit toujours des partie de l’œuvre. La mosaïque pèse en tout 20 tonnes, mesure 4,47 par 9,18 mètres et se compose de 12 blocs qui compterait chacun 10 000 tesselles. Des chiffres qui font tourner la tête.
Informations pratiques
Adresse : Minoritenplatz, 1010 Wien



