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Je savais bien que la ville de Klagenfurt avait, comme d’ailleurs nombre de villes partout en Europe, une sorte de dragon sur ses armoiries. Cependant, je ne pensais pas qu’elle lui portait autant d’importance et c’est ainsi que l’été dernier, alors que je me baladais dans le centre de la capitale de la Carinthie, j’eus la surprise de tomber sur lui, modélisé en fontaine sur la place principale. Il s’étale ainsi de tout son long au regard de tous, et crachant de l’eau, semble plutôt inoffensif.

Je viens de l’évoquer comme une « sorte de dragon » car je ne sais pas du tout comment traduire son joli nom « Lindwurm » en français. Je me suis beaucoup renseignée et j’en arrive à la conclusion (comme au départ d’ailleurs) que l’on peut dire que c’est un dragon, mais que ce n’est pas vraiment un dragon. Ainsi je l’appellerai par son surnom, Lindi. En effet, dans la langue allemande, on distingue le Lindwurm (créature entre le dragon et le serpent) du Drache (dragon). Le Lindwurm a un corps, certes monstrueux, mais plus proche du serpent, avec parfois de petites ailes et des pattes, mais pas toujours. Voyez que l’on s’y perd vite. Cependant, notre Lindi vivait bien dans un marais (plutôt comme les dragons asiatiques), avait de petites ailes qui devaient avoir du mal à le soulever et avait quatre petites pattes (là aussi comme les dragons asiatiques). Surtout, on ne sait même pas s’il crachait du feu, comme sont censés faire les dragons ! Bref, Lindi, c’est Lindi, et c’est quand même le symbole de la ville de Klagenfurt. Par contre, si l’on regarde les armoiries de la ville, on remarque que ses ailes y sont bien plus grandes et qu’il n’y a que deux pattes. Je vous assure que je ne cherche pas à vous perdre !

Blason de Klagenfurt

Tout cela montre bien que nous avons quand même affaire à un animal fabuleux. Lindi vivait en effet il y a très, très longtemps, dans un marais des environs. Il se nourrissait de beaucoup de viande, notamment humaine. On s’imagine bien que la population devait être terrifiée. Certains pensèrent alors à mettre en œuvre une ruse afin d’en finir. On se mit alors à construire une très haute tour en haut de laquelle on plaça des bœufs prêts à être mangés afin de servir d’appât, et cela fonctionna. Lindi se mit à grimper pour satisfaire sa faim, mais il se prit alors dans toutes les chaînes et le crochet qui avaient été placés par les Hommes. C’est ainsi que Lindi perdit la vie et se retrouva au XVIème siècle sur la place principale de la ville. La fontaine que l’on voit aujourd’hui remonte effectivement à cette époque. En 1593 y fut installé Lindi, façonné dans un seul bloc de schiste vert d’environ 6 tonnes. On raconte d’ailleurs qu’il fut porté là par 300 jeunes hommes (j’imagine qu’ils ne se trouvaient pas tous dessous). En 1624 il devint une fontaine afin d’offrir de l’eau potable à la population, et en 1636, on lui apposa une statue d’Hercule, à deux doigts de le frapper avec son gourdin. Curieux ! Pourquoi donc un Hercule ? En ce second quart du XVIIème siècle, les figures de la mythologie grecque et romaine étaient très populaires. Aussi, Hercule symbolise la force et la ruse des Hommes, comme celles de ceux qui vinrent à bout de ce monstre de la pire espèce. En tout cas, Lindi ne semble toujours pas craindre cet Hercule. Pour ma part, je fus très surprise d’apprendre que le monument était si ancien. La facture de l’animal me semble toujours très moderne.

Si vous passez par Klagenfurt, n’hésitez pas à vous approcher de Lindi !

 

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