Les tapis à taches

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Cette semaine, encore une histoire d’intérieur ! Confinement, et divertissement obligent ! Je souhaite en effet vous parler de ces curieux tapis grossièrement tressés que l’on trouve chez de très nombreux Autrichiens, la plupart du temps devant l’évier de la cuisine. En arrivant en Autriche, j’étais surprise par cette esthétique du sol. Un tapis d’accord, mais pourquoi multicolore ou alors d’une couleur qui ne convenait pas vraiment au reste de la maison. Une mode du moche ? Eh bien non ! Il s’agit encore d’une histoire de propreté.

Ces tapis si particuliers servent à recevoir les gouttes et la saleté. C’est d’ailleurs bien clair dans leur nom en allemand, Fleckerlteppich, traduit en français par « tapis des taches » ou « tapis à taches », taches qui font référence à son usage, et peuvent également faire référence à son aspect, parfois tacheté de couleurs différentes. Non, non, non ! Erreur de traduction de nombreuses personnes et aussi de ma part ! Ce tapis n’est pas un tapis à taches, même s’il en reçoit beaucoup. « Der Fleck » ou « der Flecken » signifient en effet la tache, mais il ne faut pas oublié le R et le L. Ces petites lettres qui vous transforment un mot en allemand, enfin surtout en allemand autrichien. En Autriche, « das Fleckerl » fait référence à un petit petit bout de quelque chose, ici en l’occurrence un bout de tissu, enfin de nombreux bouts de tissus, qui tissés ensemble nous donnent un tapis ! On comprend mieux l’aspect physique de la bête. Bien sûr en Allemagne on lui a trouvé un nom différent, Flickenteppich, le mot Flicken signifiant une pièce ou une rustine, et le verbe flicken signifiant rapiécer. On est donc bien dans le bricolage de tapis. Je me doute qu’il doit bien y avoir aussi quelques différences régionales dans la dénomination de ce tapis, mais je nous épargne cette digression. Je resterai sur le Fleckerlteppich. C’est un mot pour moi difficile à prononcer, donc qui m’amuse beaucoup (chacun son truc).

J’avoue, malgré son esthétique un peu douteuse, je suis devenue fan du Fleckerlteppich ! Tellement bien pour ne pas tacher le parquet de la cuisine, tellement doux sous les pieds, et finalement bien sympathique à regarder. Ça habille le sol et apporte un peu de couleur à la maison, et donne même un air un peu cosy. On peut bien sûr en mettre dans d’autres endroits dans la maison, mais attention ces tapis peuvent quand même rapidement saturer votre champ de vision s’ils sont trop nombreux.

Vous me direz : « D’accord, il garde le sol propre, mais le tapis du coup il est sale ! » Oui ! Mais ! Ce tapis se lave à 60 degrés et il est très robuste. On peut donc le nettoyer aussi souvent que l’on lave le sol. C’est génial. C’est quand même plus sympa que les tapis en mousse que l’on trouve parfois devant les éviers français. En plus, ces tapis, ou du moins, leurs modèles d’origine, sont fait de chutes de tissus, d’où l’aspect souvent bariolé. On peut donc en trouver à la vente de 3 à 80 euros ou plus, suivant leurs dimensions, mais surtout suivant leurs origines et leurs méthodes de production.

Ici dans un magasin d’ameublement à Ottakring

A l’origine, ces tapis viennent de Haute-Autriche, où quelques maisons en produisent encore de manière artisanale. Leur usage s’est grandement intensifié après la Seconde Guerre mondiale. 

Bonne nouvelle de confinement, on peut en faire un soi-même avec de vieux vêtements ! On trouve plein de tutoriels sur Internet. Je vous avoue qu’en ce qui me concerne, vu mes talents de couturière, je préfère en rester à la préparation d’articles pour le blog et d’épisodes pour mon podcast Sissi pendant le confinement. Mais qui sait, je pourrais me mettre à la tâche.

 

Le classique (couleur vive et franges au bout)

Le puriste (à la couleur plus reposante)

Le trendy (à la mode quoi, avec des motifs plus modernes)

 

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