Une licorne à Vienne !

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Chers lecteurs,

Je vous souhaite une excellente année 2021 et profite de ce premier article de l’année pour vous remercier de vos encouragements et de votre participation à la devinette du mercredi soir (sur Facebook). C’est toujours un moment que j’apprécie grandement et qui m’inspire aussi pour mes articles. Remarquant que certains d’entre vous réclament régulièrement des articles au sujet de licornes, aujourd’hui, direction le trésor impérial de la Hofburg de Vienne pour découvrir l’un de ses joyaux, une corne de licorne !

Cette corne vit le jour dans la première moitié du XVIème siècle (comme notre cher Soliman, premier éléphant de Vienne) et était appelé « Ainkhürn », un terme allemand ancien pour désigner une corne de licorne. Ce terme est toujours utilisé pour les objets d’art. Elle mesure 243 centimètres de long ! (Une licorne géante ?) Elle fut offerte en 1540 à l’archiduc Ferdinand d’Autriche (frère de Charles Quint et futur Ferdinand Ier, empereur du Saint-Empire) par le co-roi de Pologne Sigismond II Auguste (il partageait alors encore la couronne avec son père). En tout cas c’était un beau cadeau ! Une corne de licorne pouvait coûter jusqu’à 10 fois le prix de l’or. Dès son apparition sur le marché, au XIIIème siècle, on lui prêtait des vertus diverses, dont celle de protéger des empoisonnements. Ainsi avec sa corne, en plus de la râper dans des plats, on faisait faire des gobelets. Celui, exceptionnel, de Rodolphe II se trouve d’ailleurs dans la Kunstkammer du Kunsthistorisches Museum de Vienne. On fabriquait aussi d’autres objets magnifiques et symboliques. Il y en a d’ailleurs quelques-uns dans les salles du Trésor, par exemple une épée faisant partie de l’héritage des grands ducs de Bourgogne

Mais les licornes, ça n’existe pas !

Oui et non. On crut quand même à leur existence jusqu’au XVIIIème siècle. Les licornes étaient alors vues comme des animaux exceptionnels, symbolisant la pureté, et donc la Vierge Marie. Les premières furent décrites par des explorateurs, ayant probablement vu certaines bêtes à cornes comme les rhinocéros et les antilopes trop rapidement. On lui prêta en Europe un corps de cheval, de chèvre, ou une sorte de mélange des deux. En Europe, elle vivait dans les bois, mais elle était si rapide qu’il était impossible d’en capturer une. Enfin, sauf si l’on prenait avec soi une fille vierge. Le chant d’une jeune fille vierge attirait la licorne, qui se calmait, s’approchait de la jeune fille douce comme un agneau et se couchait à ses pieds. On pouvait alors l’attraper. Toutefois, si la jeune fille se révélait ne pas être vierge, la licorne entrait dans une fureur indescriptible et empalait la jeune âme de sa corne ! (Méfiez-vous s’il vous prenait de pousser la chansonnette en forêt !) Il s’agit-là bien sûr d’une croyance médiévale qui ne fit d’ailleurs jamais ses preuves, mais qui était largement répandue.

Mais alors qu’en est-il de la corne du trésor ?

Cette corne est bien un produit d’origine animale. Il s’agit d’une dent de narval. Le narval est un mammifère marin qui vit dans les régions arctiques. Presque tous les mâles, et certaines femelles, se voient pousser cette dent si particulière. Il arrive qu’ils la perdent, et qu’elle puisse être récupérée sur des plages, mais pour son commerce, les pauvres bêtes sont malheureusement chassées. Pour ce qui est de son physique, vous pouvez admirer son squelette au musée d’histoire naturelle de Vienne (Naturhistorisches Museum).

Bonus

Avec des amis, nous avons fait un spectacle en ligne humoristique dédié aux licornes en juin dernier. Vous pouvez le revoir sur YouTube.

Informations pratiques

La corne de licorne se trouve dans l’une des premières salles du Trésor. Le Trésor est actuellement fermé en raison de la pandémie de Covid-19

Si vous disposez de la carte annuelle du Kunsthistorisches Museum, l’entrée du Trésor est gratuite.

 

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Photo du narval : Dr. Kristin Laidre, Polar Science Center

Autres photos : Amélise

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