Des Belges à Vienne : Stéphanie, princesse héritière

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Je vous propose une petite série d’articles (à la publication très irrégulière je vous préviens) sur des Belges célèbres qui vécurent dans notre belle ville de Vienne. Pour inaugurer cette série, rien de mieux qu’une tête royale, et il s’agit de Stéphanie de Belgique !

Stéphanie Clotilde Louise Herminie Marie Charlotte de Belgique est la deuxième fille du roi et de la reine des Belges Léopold II et Marie-Henriette. En 1878, alors qu’elle n’a que 14 ans, son père envisage de la marier à l’héritier de l’empire d’Autriche, Rodolphe, fils de François-Joseph et de Sissi. A l’époque on pouvait quand même difficilement trouver mieux. Cela convient très bien à Vienne et Rodolphe et Stéphanie se fiancent en mars 1880. Stéphanie n’ayant pas encore 16 ans, on attend un an pour la faire venir à Vienne et célébrer le mariage tant attendu. Même si l’on ne peut parler d’amour, il y a entre Rodolphe et Stéphanie un certain attachement. Elle remplit aussi très bien son rôle d’archiduchesse d’Autriche en représentant très souvent la couronne de l’empire et en remplaçant d’ailleurs régulièrement sa belle-mère, Sissi. Cette dernière ne la ménage pas. Elle ne lui prête aucune attention et se moque régulièrement de sa personnalité et de son physique. On en trouve quelques traces dans des poèmes de Sissi. Je vous invite à écouter le podcast que je leur ai dédié. A 19 ans, elle met au monde une fille, Elisabeth-Marie. A la suite de la naissance de leur fille, la relation entre Rodolphe et Stéphanie se détériore. La dépression de Rodolphe empire, il tombe malade, et les traitements qu’on lui donne semblent faire plus de mal que de bien. Il transmet même une maladie à Stéphanie, la rendant stérile alors qu’elle n’a que 22 ans. Cela provoque une grave crise dans le couple et Stéphanie se retire de leur vie conjugale. Elle note cependant l’aggravation de l’état psychique de son mari et en avertit l’empereur, mais cela n’aura aucune conséquence. Rodolphe se suicide avec sa maîtresse, la très jeune Marie Vetsera, le 30 janvier 1889 à Mayerling. Stéphanie se retrouve alors veuve, à 24 ans. Même si l’empereur et son père l’empêchent de quitter la Cour de Vienne, elle n’aura plus le rôle de représentation qu’elle avait par le passé. Elle souhaite quelques années plus tard se remarier avec un noble hongrois protestant et de rang inférieur, le comte Elemér Lónyay de Nagy-Lónya et Vásáros-Namény. François-Joseph et Leopold II s’opposent à cette union. Après quelques années de batailles sans fin, elle finit par contracter ce mariage d’amour. Elle perd son rang et de nombreuses rentes, son père la bannit et tente de la déshériter le plus possible, mais elle est heureuse et part s’installer en Hongrie. Elle y restera jusqu’à la fin de sa vie, sous l’occupation soviétique.

Même si ce premier portrait d’une Belge de Vienne n’est pas très gai, il en demeure toutefois très intéressant si l’on s’intéresse à la période de la fin de la monarchie austro-hongroise. Stéphanie était très populaire dans la capitale autrichienne lorsqu’elle exerçait son rôle de princesse héritière, mais aussi lors de son remariage, qui alimenta beaucoup la presse papier de l’époque. Sachez aussi qu’en 1937, elle publia ses mémoires, Je devais être impératrice.

Aller sur ses traces à Vienne n’est pas chose facile. Je ne me rappelle pas avoir vu un objet qui lui ait appartenu dans l’un des musées de la ville. Si vous en connaissez, n’hésitez d’ailleurs pas à m’écrire. Dans le 23ème arrondissement, dans l’ancien village de Kalksburg, on peut passer devant une villa dans laquelle elle vécut un temps avec son nouveau mari, la villa Zichy (6 Gräfin-Zichy-Straße). Elle tient aussi une certaine place au musée de Mayerling et dans l’excellente exposition dédiée au prince héritier Rodolphe jusque fin octobre à Schloss Hof. Ne soyez pas étonnés, cette exposition fait partie de l’exposition Sissi, son nom attirant plus de visiteurs. Enfin, vous pouvez la retrouver en tant que témoin essentiel dans notre série dédiée aux Habsbourg sur YouTube.

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