Le lion d’Aspern, hommage aux victimes des troupes napoléoniennes

Partagez cet article

Le lion d’Aspern fait partie des monuments emblématiques commémorant la tragique bataille d’Aspern-Essling qui opposèrent les troupes autrichiennes ou troupes napoléoniennes les 21 et 22 mai 1809. La bataille eut lieu sur les terres d’Aspern et Essling, deux anciens villages qui font aujourd’hui partie du 22ème arrondissement de Vienne. C’est là, sur une jolie petite place, que l’on trouve ce lion monumental.

De toutes les plaques, de tous les reliefs et monuments sculptés, c’est celui qui exprime à mon sens le plus les pertes humaines qu’engendra cette bataille. On compte en effet plus de 50 000 morts en tout, avec un nombre plus important du côté français (environ 27 000). Pour les Autrichiens, ce fut une grande victoire qui entra dans l’Histoire. Six semaines plus tard, les troupes autrichiennes furent tout de même vaincues un peu plus loin à Wagram après une terrible bataille. Il en suivit le traité de Schönbrunn et le mariage de Napoléon avec la fille aînée de l’empereur François Ier d’Autriche (Franz I.), Marie-Louise.

Le lion

Le monument fut commandé en 1850 par l’archiduc Albert (Albrecht) pour rendre hommage à son père l’archiduc Charles-Louis (Karl), frère de l’empereur, qui avait mené les troupes autrichiennes lors de la bataille d’Aspern-Essling dont on allait célébrer le 50ème anniversaire. Mais le monument commémore aussi les 23 000 hommes des troupes autrichiennes qui y laissèrent leurs vies. C’est l’un des plus grands sculpteurs de l’époque, Anton Dominik Fernkorn, qui fut retenu pour sa réalisation. Il réalisa d’ailleurs par la suite les deux grandes statues équestres que l’on trouve sur la Heldenplatz (Hofburg), représentant l’archiduc Charles-Louis et le prince Eugène de Savoie.

Le thème du lion mourant fut retenu. Il s’agit d’un thème qui était alors en vogue depuis le XVIIIème siècle pour les tombeaux. L’animal, pourtant symbole de force, de puissance et d’intelligence, pleure. La représentation se veut ainsi paradoxale pour accroître la douleur ressentie par la mort. Sur place, faites bien le tour de la sculpture. Le lion est couché sur la lance qui l’a blessé, sur le manteau impérial napoléonien et sur un insigne militaire portant l’aigle napoléonien. Cela montre bien que les vainqueurs de la bataille ne sont eux aussi pas ressortis indemnes de cette bataille.

En hiver, le lion est recouvert d’un échafaudage pour être protégé du froid. On ne voit alors que son image, reproduite sur la bâche qui le recouvre. Il est en effet sculpté dans du grès. La version que l’on voit sur la place fut réalisée par les sculpteurs Zengler et Beyer, mais l’original, réalisé par Fernkorn, se trouve au musée de l’armée (Heeresgeschichtliches Museum).

Un petit musée dédié à la bataille se trouve juste derrière. Vous verrez aussi d’autres petits monuments sur la place en hommage à des Autrichiens et à des Français pour leurs faits d’armes ou leurs morts durant la bataille. Au numéro 2 de la Oberdorfstraße (à 5 minutes à pied), vous trouverez même la Croix des Français (Franzosen Kreuz), en hommage aux Français morts lors de la bataille. Le petit monument porte un relief sculpté représentant Napoléon.

Dans les environs, on peut également noter la popularité du lion avec tous les endroits baptisés en son nom (pharmacie, hôtel, Heuriger, Kindergruppe…). 😉

Informations pratiques

Adresse : Asperner Heldenplatz

S’y rendre en transports en commun : U2 Aspernstraβe à 10 minutes à pied ou tram 25 (arrêt Oberdorfstraße) à 5 minutes à pied ou bus 26A, 92A ou 97A (arrêt Siegesplatz) juste à côté.

Le lion d’Aspern faisait partie du rallye « La Vienne des animaux » que j’ai organisé. Vous pouvez en commander le fascicule si vous le souhaitez.

Autres articles sur le 22ème arrondissement de Vienne

A la découverte de Seestadt, ville nouvelle dans la ville

Les magnifiques jardins de Hirschstetten et leur parc animalier

Edith Piaf à Vienne

La forêt du souvenir de Seestadt Aspern

Vienne, une capitale agricole et céréalière

Partagez cet article

Vous pourriez également aimer...